Les apprenants sont 4 en présentiel et une personne via vidéo ; ce n’est pas ma configuration préférée car je préfère l’interaction physique. La matière ( droit) offre peu de possibilités de jeu au contraire de la comptabilité et de la finance qui sont mes matière habituelles. Néanmoins mes nombreux exemples tirés de mes expériences professionnelles permettent de nourrir le discours ( ce que je recherche car lire des transparents sans valeur ajoutée n’importe qui peut le faire).
Cette première journée est éreintante mais j’y prends beaucoup de joie – 3 jours doivent suivre. Bon courage (!) sserni!
Je pars des tôt de la maison pour rejoindre l’organisme de formation. Si je pars si tôt c’est afin d’éviter les embouteillages mais aussi et surtout afin de préparer l’intervention dont la salle, les documentations, l’enchainement pédagogique. Pourtant ces nombreux points je les ai auparavant travaillés, retravaillés, re-retravaillés : c’est ainsi, je modifie, actualise mes cours. Vous voyez que je m’arrête rarement malgré ma paresse. Avant de partir je provisionne des bûches près du poêle : la météo prévue est fraîche et je veux que ce soit ok pour « AbFab »; autant éviter le choc thermique avec la chaleur de Rome.
Nous avons plein d’images dans la tête. Nous partageons avec nos relations, dont « reine mère », of course. Elle est friande d’images qui la font vivre par procuration.
Nous retrouvons nos habitudes de travail. Ou : « AbFab » avec ses médecins et moi avec la préparation de ma séance de cours du reste de la semaine. Une première me concernant : par la matière et par la durée ( 4 jours).
Nous sommes le dimanche de la rentrée : notre avion est en milieu d’après-midi ; nous avons encore du temps à consacrer à Rome.
Nous courrons afin d’assister à la messe qui se déroule à Sainte Marie Majeure. Au delà de la messe la somptuosité du lieu éblouit et surtout la musique provient d’un chœur enchanteur.
Nous avons couru car auparavant nous sommes allés dans une petite église dont l’humilité me laisse pantois et pourtant elle recèle des trésors artistiques qui élèvent l’âme – vraiment.
Et vous pensiez que nous avons été rassasiés? A peine sortis de Sainte Marie Majeure nous projetons une visite de Saint Jean de Latran. Tant de marche m’est cependant pénible et nous nous y rendons à marche lente.
Demeure papale, si je comprends bien, pas étonnant qu’elle soit si bien gardée :
Nous continuons notre dernière marche romaine en passant dans le jardin qui conduit au Colisée.
Retour à l’hôtel pour une sieste avant une déambulation le nez au vent dans le vieux Rome : pas de but précis, seulement le plaisir de marcher dans une ville qui offre toujours autant de belles choses à voir.
Vous voyez : on a du trash, du conforme, du classique, du sacré, du profane – différents points de vue. J’aime car cela me relie vous vous en doutez à ma ville chérie.
« AbFab » inquiète car elle n’a pas de contacts avec sa fille depuis quelques mois : « qu’est-ce que je lui ai fait? » 2 pistes principales. Si il s’agit des discussions entre la mère et la fille à propos de l’obésité de la seconde ( qui préoccupe la mère sur la santé de sa fille et peu sur l’esthétique, la grossophobie que vilipende ma « nounette » qui est une vraie filiforme), la réponse par le silence est bien tardive. « AbFab » a annoncé à sa fille que nous irions peut-être au Japon voir la « nounette » et « les pieds sur 3 continents, même pas peur » l’aurait mal pris ( le Japon avant l’Australie) et cela est mesquin, vu de ma fenêtre. Je suis sûr que la « nounette » aurait compris que nous ne pouvons pas faire les deux voyages en même temps si l’ordre avait été inversé. Ou autre? Alors quoi?
Avant de vous quitter, je vous laisse avec cette dernière oeuvre du MAXXI qui, au-delà de la beauté des « nuages », interroge : il s’agit de panaches de fumées de pneus qui brûlent.
Ce samedi romain est consacré à la visite du Musée des Arts du XXIe siècle – le MAXXI ainsi qu’il est appelé ici que ce soit affectueusement ou de façon méprisante car son inauguration et son installation font toujours polémique. Quelques vues ci dessous :
commençons par l’extérieur que je trouve plutôt réussi, « AbFab » est une grande fan,
puis allons vers l’architecture intérieure que nous aimons beaucoup au vu des volumes proposés,
par contre le choix des œuvres s’avère inégal selon moi, même si la mise en scène est intéressante.
La déambulation au sein du musée me donne l’impression de me promener au milieu d’un catalogue hétéroclite, un peu « foutage de gueule », un peu de clins d’oeil « comics » que j’affectionne ( mais quel intérêt?),
par contre, les maquettes futuristes épurées des références fascistes sont plus qu’intéressantes, de même que la sombre poésie de ce renard un peu égaré.
Mais ces 3 propositions me laissent froid.
Peut-être est-ce le contrecoup des merveilles rencontrées la veille? Peut-être est-ce la fatigue de ma circulation sanguine car je souffre beaucoup? Peut-être.
Vous l’aurez compris : nous affrontons cet après-midi l’éblouissement des musées du Vatican. Évidement il y a une foule considérable ce qui entraîne un peu d’attente devant l’entrée du Musée. Mais tout se passe bien avec nos réservations.
Nous sommes avant tout venus pour visiter le chapelle Sixtine; ce ne sera pas la seule merveille comme nous allons le voir peu de temps après le grand escalier comme l’entrée des antiquités, les antiquités proprement dites ou ce jardin intérieur.
On ne va pas se mentir : il est impossible de tout voir entre ce jardin d’Eden et la magnifique salle des cartes car chaque heure mérite que l’on y reste beaucoup de temps ; combien?, comment le savoir lorsque l’on se trouve submergé par la beauté et la force des œuvres.
Mais le musée ne se contente pas de limitations spatio temporelles comme l’art contemporain avec ce Dali si audacieux, SF et (ir)réel ou ce bateau des Iles Marshall
Cependant j’admets être venu pour ce tableau : l’école d’Athènes fresque dans laquelle je retrouve mes principaux héros : Platon (mon philosophe préféré), Aristote, Socrate, Diogène ( « Casse-toi de mon soleil! »), Pythagore.
Sans oublier les contemporains : Michel Ange et un auto portrait. Je reste très longtemps devant ce travail et savoir que 5 siècles plus tard nous pouvons l’admirer est un grand moment d’émotion. Je suis ivre. Je déambule entre ces tableaux, sculptures, fresques, dessins, mobiliers complètement heureux.
Et nous arrivons à la Sixtine et l’éblouissement est à son acmé. (Vous savez qu’il est interdit de prendre des photos, donc malheureusement vous n’en n’aurez pas. Quel dommage!) Je comprends que des personnes consacrent leur vie à connaître cette œuvre : il n’y a pas de mots devant ce défilé de beautés, de hardiesses, de personnages, de tragédies, d’expressions. Les images restent dans la tête et en particulier l’expression de ce damné qui réalise qu’il va passer le reste de l’éternité en enfer. Après l’ivresse, le vertige.
En rentrant je suis comme cette chanson de Police « Walking on the Moon », autrement écrit je flotte. « AbFab » aussi.
Nous achetons de quoi nous faire un sandwich dans notre chambre car ce trop plein de magnificence nous nourrit.
Après une paresse matinale nous voici à visiter la Villa Torlonia, ou plutôt son parc car voir où vivait le duce ainsi que son bunker n’a que peu d’intérêt me concernant, et vous? Le parc n’est pas très loin de notre hôtel et nous en apercevons la canopée (celle du parc!) de sa terrasse. Nous disposons d’un peu de temps car la visite des musées du Vatican a lieu que l’après-midi. La visite du parc est légèrement éprouvante car je trouve qu’il fait chaud.
Le seul défaut de l’hôtel est son petit déjeuner ou pour plus de précision le breuvage chaud : le thé est peu servi et pas de théière, il paraît que c’est ainsi en Italie. Sinon je le recommande.
Une petite pizza et des pâtes dans un restaurant avec terrasse et nous voici d’attaque pour le second sommet de la visite.