• Nous sommes le dimanche de la rentrée : notre avion est en milieu d’après-midi ; nous avons encore du temps à consacrer à Rome.

    Nous courrons afin d’assister à la messe qui se déroule à Sainte Marie Majeure. Au delà de la messe la somptuosité du lieu éblouit et surtout la musique provient d’un chœur enchanteur.

    Nous avons couru car auparavant nous sommes allés dans une petite église dont l’humilité me laisse pantois et pourtant elle recèle des trésors artistiques qui élèvent l’âme – vraiment.

    Et vous pensiez que nous avons été rassasiés? A peine sortis de Sainte Marie Majeure nous projetons une visite de Saint Jean de Latran. Tant de marche m’est cependant pénible et nous nous y rendons à marche lente.

    Demeure papale, si je comprends bien, pas étonnant qu’elle soit si bien gardée :

    Nous continuons notre dernière marche romaine en passant dans le jardin qui conduit au Colisée.

  • Retour à l’hôtel pour une sieste avant une déambulation le nez au vent dans le vieux Rome : pas de but précis, seulement le plaisir de marcher dans une ville qui offre toujours autant de belles choses à voir.

    Vous voyez : on a du trash, du conforme, du classique, du sacré, du profane – différents points de vue. J’aime car cela me relie vous vous en doutez à ma ville chérie.

    « AbFab » inquiète car elle n’a pas de contacts avec sa fille depuis quelques mois : « qu’est-ce que je lui ai fait? » 2 pistes principales. Si il s’agit des discussions entre la mère et la fille à propos de l’obésité de la seconde ( qui préoccupe la mère sur la santé de sa fille et peu sur l’esthétique, la grossophobie que vilipende ma « nounette » qui est une vraie filiforme), la réponse par le silence est bien tardive. « AbFab » a annoncé à sa fille que nous irions peut-être au Japon voir la « nounette » et « les pieds sur 3 continents, même pas peur » l’aurait mal pris ( le Japon avant l’Australie) et cela est mesquin, vu de ma fenêtre. Je suis sûr que la « nounette » aurait compris que nous ne pouvons pas faire les deux voyages en même temps si l’ordre avait été inversé. Ou autre? Alors quoi?

    Avant de vous quitter, je vous laisse avec cette dernière oeuvre du MAXXI qui, au-delà de la beauté des « nuages », interroge : il s’agit de panaches de fumées de pneus qui brûlent.

  • Ce samedi romain est consacré à la visite du Musée des Arts du XXIe siècle – le MAXXI ainsi qu’il est appelé ici que ce soit affectueusement ou de façon méprisante car son inauguration et son installation font toujours polémique. Quelques vues ci dessous :

    commençons par l’extérieur que je trouve plutôt réussi, « AbFab » est une grande fan,

    puis allons vers l’architecture intérieure que nous aimons beaucoup au vu des volumes proposés,

    par contre le choix des œuvres s’avère inégal selon moi, même si la mise en scène est intéressante.

    La déambulation au sein du musée me donne l’impression de me promener au milieu d’un catalogue hétéroclite, un peu « foutage de gueule », un peu de clins d’oeil « comics » que j’affectionne ( mais quel intérêt?),

    par contre, les maquettes futuristes épurées des références fascistes sont plus qu’intéressantes, de même que la sombre poésie de ce renard un peu égaré.

    Mais ces 3 propositions me laissent froid.

    Peut-être est-ce le contrecoup des merveilles rencontrées la veille? Peut-être est-ce la fatigue de ma circulation sanguine car je souffre beaucoup? Peut-être.

  • Vous l’aurez compris : nous affrontons cet après-midi l’éblouissement des musées du Vatican. Évidement il y a une foule considérable ce qui entraîne un peu d’attente devant l’entrée du Musée. Mais tout se passe bien avec nos réservations.

    Nous sommes avant tout venus pour visiter le chapelle Sixtine; ce ne sera pas la seule merveille comme nous allons le voir peu de temps après le grand escalier comme l’entrée des antiquités, les antiquités proprement dites ou ce jardin intérieur.

    On ne va pas se mentir : il est impossible de tout voir entre ce jardin d’Eden et la magnifique salle des cartes car chaque heure mérite que l’on y reste beaucoup de temps ; combien?, comment le savoir lorsque l’on se trouve submergé par la beauté et la force des œuvres.

    Mais le musée ne se contente pas de limitations spatio temporelles comme l’art contemporain avec ce Dali si audacieux, SF et (ir)réel ou ce bateau des Iles Marshall

    Cependant j’admets être venu pour ce tableau : l’école d’Athènes fresque dans laquelle je retrouve mes principaux héros : Platon (mon philosophe préféré), Aristote, Socrate, Diogène ( « Casse-toi de mon soleil! »), Pythagore.

    Sans oublier les contemporains : Michel Ange et un auto portrait. Je reste très longtemps devant ce travail et savoir que 5 siècles plus tard nous pouvons l’admirer est un grand moment d’émotion. Je suis ivre. Je déambule entre ces tableaux, sculptures, fresques, dessins, mobiliers complètement heureux.

    Et nous arrivons à la Sixtine et l’éblouissement est à son acmé. (Vous savez qu’il est interdit de prendre des photos, donc malheureusement vous n’en n’aurez pas. Quel dommage!) Je comprends que des personnes consacrent leur vie à connaître cette œuvre : il n’y a pas de mots devant ce défilé de beautés, de hardiesses, de personnages, de tragédies, d’expressions. Les images restent dans la tête et en particulier l’expression de ce damné qui réalise qu’il va passer le reste de l’éternité en enfer. Après l’ivresse, le vertige.

    En rentrant je suis comme cette chanson de Police « Walking on the Moon », autrement écrit je flotte. « AbFab » aussi.

    Nous achetons de quoi nous faire un sandwich dans notre chambre car ce trop plein de magnificence nous nourrit.

  • Après une paresse matinale nous voici à visiter la Villa Torlonia, ou plutôt son parc car voir où vivait le duce ainsi que son bunker n’a que peu d’intérêt me concernant, et vous? Le parc n’est pas très loin de notre hôtel et nous en apercevons la canopée (celle du parc!) de sa terrasse. Nous disposons d’un peu de temps car la visite des musées du Vatican a lieu que l’après-midi. La visite du parc est légèrement éprouvante car je trouve qu’il fait chaud.

    Le seul défaut de l’hôtel est son petit déjeuner ou pour plus de précision le breuvage chaud : le thé est peu servi et pas de théière, il paraît que c’est ainsi en Italie. Sinon je le recommande.

    Une petite pizza et des pâtes dans un restaurant avec terrasse et nous voici d’attaque pour le second sommet de la visite.

  • Rejoindre le Vatican par les rues du vieux Rome est enchanteur, n’est-ce pas? Je suis émerveillé par la beauté de cette ville. Ceux qui m’ont dit « tu aimes Paris, tu aimeras Rome » ont raison.

    Et je n’ai pas tout vu.

    Nous effectuons notre première visite à Saint Pierre de Rome, de l’extérieur certes mais nous déclarons forfait devant les 5 heures annoncées de file d’attente – une autre fois, certainement. C’est pourtant impressionnant et inspirant.

    Nous retournons pour une seconde visite dans un quartier très ancien qui nous donne l’occasion de faire une pause ( bienvenue pour mon mollet)  »glaces » comme tout bon touriste puis-je dire. Souvenons-nous que l’on a de la chance de vivre en Europe, un coin de la planète encore relativement préservé des fureurs du monde, ne croyez-vous pas?

    Le soir dîner dans le quartier du Testaccio endroit populaire loin de l’agitation touristique. Nous vivons un moment dépaysant et calme dans ce quartier excentré qui nous fait rentrer un peu tard. « AbFab » dit y retrouver le Rome lorsqu’elle y est venue à son enfance : tout n’est pas d’équerre, tout n’est pas propret et il est vrai que je perçois quelque chose du 11e ou du 12e voire du 18e.

  • C’est jeudi, c’est Panthéon ce qui me permet de rejoindre le Rome touristique et l’affluence touristique qui va avec. Nous reprenons le métro et le rejoindre venant de notre hôtel est un vrai calvaire pour mon mollet – et moi avec./

    Nous arrivons au Panthéon où se pressent de très nombreux touristes – nous sommes un peu déboussolés par le nombre ( « le golf atout prix » nous avait prévenu). Le Latium et le parc archéologique de le veille me semblent assez déserts – peut-être parce qu’il il y a plus d’espace? Je trouve le bâtiment assez austère vu de l’extérieur avec un manque de cachet ( ce n’est pas le terme que je souhaite), de personnalité ( ça y est, j’ai trouvé) même si j’identifie des dessins de Schuiten dans ce plafond.

    Sur le chemin vers le Panthéon ( et je ne l’ai pas écrit) regards express à la fameuse fontaine et il est vrai qu’elle a de l’allure. Cependant la foule est si dense que se frayer un passage est difficile, mais on le sait non?, ne sommes nous pas dans un des endroits les plus touristiques sur la planète?

    Après cette visite du Panthéon nous pouvons enfin profiter d’une seconde visite du vieux Rome en passant par une place dont j’admets ne pas avoir retenu le nom. Notons que le température est supportable malgré la foule et le bruit. La magie de la ville continue de m’imprégner car je trouve cette ville vivante, un peu trop diront certains.

  • Sur la plage, donc sur laquelle mon épouse fait une sieste tandis que je me dis que j’aurais bien mis une tête : je n’ai pas de maillot et me désaper sur une plage, non merci.

    Et en fin de journée nous visitons Saint Paul Hors les Murs : une impression intemporelle d’éternité se dégage de cette église. Peut-être est-ce la luminosité du soir qui vient? Peut-être est-ce la statue de l’apôtre?

    L’entrée peut paraître austère, elle me semble radieuse, de même que l’intérieur de la basilique peut faire perdre ses moyens à tout croyant. Ce n’est pas que somptueux, il y a quelque chose de définitif dans cette affirmation : « l’Église est là pour durer. »

    Sur le chemin du retour je trouve un slogan féministe que ne renierait pas ma « nounette » préférée. Penser à toi, me donne toujours autant de joie.

  • Ce mercredi, c’est la découverte de Ostie dans sa version antique qui va nous mobiliser. Autant le dire je vais vivre un nouveau moment hors du temps dans lequel « AbFab » allons plonger. Arpenter ces rues 2000 après est fabuleux.

    Nous rencontrerons un empereur romain supervisant son académie militaire au milieu de fresques et de mosaïques d’animaux marins fantastiques.

    Cependant dès l’entrée du Parc Archéologique nous croisons des habitations jouxtant le cimetière d’alors (paix des pierres) et les quais de déchargement et plus tard nous arpenterons les sièges sociaux des entreprises de ce temps ( qu’est-ce qui a changé depuis dans le commerce?) : j’y croise cette impression de continuité des activités humaines : production de richesses, échanges, services y compris l’assurance.

    La déambulation enchanteresse continue entre théâtre, villa somptueuse, latrines, vestiges de la via Appia, mosaïques, fresques murales, greniers. Ce ne sont que des ruines me direz-vous. Je ne vous pas le contraire mais elles semblent encore pleines de la vie qu’elles refermaient et c’est au-delà de l’envoûtement.

    Après ces merveilles pause dans la ville moderne à la plage. Auparavant déjeuner : produits de la mer au menu.

  • Nous avons un programme dense pour cet après-midi : le latium suivi du Colisée. (Je déchiffre au passage l’inscription que l’on voit partout : SPQR signifie « Senatus Populus Que Romanus », c’est-à-dire « Le Sénat et le peuple romain ».) Vaste programme.

    La déambulation dans ce centre ville antique qui concentre une partie des pouvoirs de l’empire est imposante et se promener au milieu de ces ruines prend la tête et les tripes. J’imagine les émotions d’une personne venant de la périphérie et découvrant la majesté de ces bâtiments : tant de grandeur ne peut qu’éblouir. Nous verrons plus tard le Capitole et la roche tarpéienne ainsi que le Palatin qui donne une vue d’ensemble de la visite. La marche sur la Voie Sacrée est difficile me concernant au vu de ma marche douloureuse. La magie des lieux est absolue.

    Puis nous nous rendons au Colisée où si la splendeur et la magnificence surprennent la magie opère moins, me concernant. Le dévoilement des entrailles du monument sont cependant un témoignage fort de l’ingéniosité à mettre en œuvre pour faire fonctionner l’établissement. Et l’empire, of course.

    Une très belle visite vous l’avez compris.

    Nous rentrons prendre une douche après la visite du Colisée : comment ne pas dire que ce n’est pas nécessaire. Pour souffler : pas de whisky mais deux bières italiennes, qu’allez-vous croire ? ( « Si tu es à Rome fais comme les Romains. »)

    Nous sortons pour dîner après un court moment de repos : pâtes et pizzas.

    Nuit quasi blanche me concernant avec un message de la « nounette » qui contient 3 cœurs italiens d’une classe folle.

    Pas de photos? Eh oui c’est « AbFab » qui les a prises, moi, je me suis contenté de rêver.