Le soir après une séance de jardinage ( pendant laquelle je récolte encre des haricots verts) et un dîner à base de gambas, nous regardons une série australienne très intéressante mais dont le titre « Total control » me semble d’une incongruité absolue. La scène d’habillage de la Première Ministre ( un personnage qui a dépassé la cinquantaine) est d’un érotisme définitif. OK : elle ressemble beaucoup à « AbFab ».
Chaleur supportable, soleil pas trop éclatant, couleurs atténuées du paysage, sons étouffés ; l’été tel que beaucoup l’apprécient et que je l’admets ne me déplait pas / ne m’indispose pas. N’allez pas croire que cette saison va devenir la saison que j’aime. A la campagne, dans le calme, avec le repos c’est un peu comme si je me retrouvais dans l’Allier de mon enfance, pour plus de précision : dans le centre aéré auquel mes parents m’avait confié. Un endroit où j’ai découvert ma solitude et le fait que être seul ne me fait pas peur et même … que j’apprécie la solitude.
Dans l’après-midi je me remets à une corvée de bois qui consiste à débiter une souche particulièrement dense. Je n’ai pas pris ma ceinture – j’aurais du. J’aime beaucoup ce travail.
Pendant que « AbFab » regarde une série française moyen de gamme, je travaille sur « L’allée ». J’ignore ce qui en sortira mais comme le dit « la nounette » : ce qui importe, c’est d’y prendre plaisir.
Ce matin « AbFab » a rendez-vous avec notre curé car il lui a demandé de participer à des rencontres qui contribuent au dialogue religieux catholicisme – islam. Je me suis fait porter pâle car, selon moi, l’islam est avant tout un parti politique – je comprends que l’on ne partage pas cet avis. Elle revient plutôt enchantée même si les thèmes des prochaines réunions me paraissent plus politiques que religieux puisque le dialogue devrait s’axer sur la situation palestinienne ou la guerre USA – Iran. Et moi qui pensait que nous devions échanger que sur des questions religieuses …
Le soir après un repas « meddley » ou « mézzé » comme vous voudrez, nous regardons « Mortelle randonnée » – un film français des années 80 qui réussit à être ennuyeux même à la télévision. J’admets ne rien avoir compris dans le propos du film si ce n’est de permettre à l’actrice principale de marcher et à l’acteur principal de cabotiner. « AbFab » trouve que le rythme est trop lent, ce qui est vrai mais depuis quand la lenteur est-elle un frein à apprécier une œuvre d’art?
Dans ces moments, malgré le ressentiment, je réussis à prendre mon mal en patience et comme j’en ai une bonne pratique je m’évade vers des attentions positives : penser ( un exemple) à sa « nounette » donne tellement de bien d’autant que le matin j’ai eu une longue conversation avec elle tandis que à quatre pattes je désherbais l’allée. J’essaie de convertir les agacements, car je considère comme tels ces 4 petits problèmes ( qui bien entendu peuvent être plus ou moins nombreux, là n’est pas la question) en éléments de résolution voire de joie. Et oui, on y arrive.
De retour dans la maison, nous effectuons une sieste ( bonne, merci) et je fais quelques recherches sur mes prochaines écritures ( « l’Allée ») et vers 18h j’arrose le jardin. La chance d’être occupé tout en confrontant son intelligence et les travaux manuels. Il paraît que c’est une excellente méthode pour ralentir le vieillissement – j’en accepte l’augure.
Profitant de la fraîcheur matinale pour effectuer ma marche en écoutant une baladodiffusion je marque une pause au café du village afin de réserver une table. La veille en effet « reine mère » a fait part à sa fille de sa tristesse infinie du fait de sa solitude ( au passage : si nous n’étions pas là elle serait encor plus seule à mon humble avis). Ainsi « AbFab » lui a proposé de déjeuner au café du village où elle n’est jamais allée. Une bonne idée? Pas vraiment. Alors d’ac, elle a apprécié la cuisine ( nous aussi) mais cela n’a pas amélioré son humeur. ( Au passage bis : pourquoi ne pas comprendre que cette façon de juger les autres, et ce pas depuis quelques années mais depuis des décennies, vous isole, chère « reine mère ». L’entourage qui se regroupe auprès de « donnez, donnez, il restera toujours quelque chose », ne vous inspire-t-il pas?)
En entrant dans le cinéma nous apprenons que la famille de « maths=musique? » est également dans la salle. Ce dernier Nolan est spectaculaire et intime – homérique, autrement dit, sans jeu de mots. Vous savez à quel point ma production d’humour est mauvaise. 3 heures de grand spectacle et de vibrations palpitantes, on ne boude pas notre plaisir.
A la sortie le crépuscule nous accueille, ainsi que la foule des grands boulevards et cette redécouverte de ma ville me ravit. Oui j’aime cette ville et son animation de personnes aux terrasses ayant envie de vivre tout simplement – qu’est-ce que vous ne comprenez pas messieurs les fauteurs de guerre dans le mot « vie »? Les gens veulent vivre avec leurs amis, leurs amours, leurs familles pas prendre un fusil et lorsqu’ils le font parce que vous venez les forcer à se battre, vous vous étonnez qu’ils vous résistent. Mais bon je ne suis pas là pour émettre des avis sur la géopolitique, tant le font bien mieux.
« le théâtre pourquoi pas » nous suggère un restaurant chinois et c’est une bonne idée : beaucoup de rires et d’échanges avec les tables adjacentes pour un dîner copieux et savoureux. En fin nous raccompagnons ces jeunes gens chez eux avant de regagner notre campagne, le trajet se déroule dans un vide quasi sidéral.
Je rentre avec ces sensations parisiennes qui me sont si chères.
Vous savez donc où nous sommes allés après la messe et un déjeuner rapide suivi d’une sieste car les courbatures liées à la veille se signalent toujours. (Cependant ce n’est pas un problème me concernant.) Direction Le Grand Rex pour voir le dernier film de Christopher Nolan : l’Odyssée.
Auparavant nous devons prendre en banlieue « le théâtre pourquoi pas » et son ami qui l’héberge pour les conduire au cinéma. La balade dans Paris pour rejoindre le cinéma est cool : dimanche, milieu d’après-midi en juillet, rien d’extraordinaire. Arrivés devant le Grand Rex, nous sommes comme toujours surpris par la file d’attente qui serpente le long de deux pâtés d’immeuble : impressionnant avec toujours cette question (qui effleure quelques secondes seulement les parisiens) : tout le monde va entrer? La réponse est : oui. Une petite heure agréable à attendre et nous voici dans nos fauteuils.