• L’après-midi lors de ma marche thérapeutique j’appelle « BD » pour prendre de ses nouvelles. Généralement les gens n’appellent pas au motif « je suis le plus vieux, on doit m’appeler » – autant vous le dire tout de suite : je genre de considérations, je m’assois dessus : lorsque j’ai envie de contacter, je contacte. Donc je prends des nouvelles du parrain de la « nounette » et il va bien : il attend sa retraite avec une certaine impatience et son déménagement s’est bien déroulé. Il s’agit d’une performance pour lui vu qu’il déménage après être resté 63 ans à la même adresse. Cet homme n’est pas un aventurier et il en est conscient et contrairement à plein d’autres personnes il ne fait pas croire le contraire. Il aime la tranquillité et c’est bien pour cette raison que je l’aime. Selon moi : passer sous les radars n’est pas la pire des existences – le tout est d’être cohérent ce qui est le cas de « BD ». Ses livres lui suffisent pour être heureux.

  • Même horaire de lever mais agenda différent puisque je procède à l’arrosage du parc dans son entièreté ce qui n’est pas un petit travail. Quelques heures plus tard c’est le nettoyage du ru qui occupe mon énergie – sous le soleil et bien protégé la corvée n’est pas si désagréable. La « nounette » m’informe que son livre est arrivé.

  • Après cet accès de paresse le reste de la journée est une reprise en main, j’admets avoir dormi. Là est l’explication de cette flemme selon « AbFab » – peut-être.

  • La flemme de la veille continue : descendant tôt le matin je n’ai pas le courage de faire la moindre chose et ainsi je n’arrose pas le parc.

    Je suis plutôt quelqu’un qui fait les choses : j’aime me sentir utile. Je n’aime pas, par contre, faire pour faire : je veux faire quelque chose d’utile, de programmé et qui sera achevé. Je n’ai rien contre l’improvisation mais elle peut être source de désordres. Bien entendu je préfère faire quelque chose pour lequel je serai compétent ou que je peux apprendre et je préfère des instructions claires pour que le travail final soit ok.

    Donc savoir que j’avais prévu d’arroser et ne pas avoir la volonté de le faire par paresse me met extrêmement mal à l’aise. Quand je promets, je suis engagé – sinon, je ne promets pas. Et si je sais que je ne pourrai pas tenir ma promesse, j’informe et je ne cherche pas d’excuses – si elles existent ( i.e sont présentables), elles sont réelles. Quand on dit la vérité on peut vous tuer mais on ne peut pas vous attaquer.

  • La journée est plutôt chaude et nous la passons chez notre amie qui bien que ayant moins de ressources que « reine mère » habite une grande maison où le foutoir est plutôt organisé – disons que nous ne sommes pas dans un mausolée comme le voudrait ma belle mère.

    A la fin de cette journée je suis pris d’une grosse flemme et je décide de lire. J’ai des plaisirs très simples et qui je le pense sincèrement sont des petits actes de résistance face à la déferlante de décervelage qui assaille notre société. Oui c’est ok de se servir d’un ordinateur, de l’Internet et aussi d’un téléphone mobile et je le fais mais je ne suis pas en addiction, à ne pas lire des notifications à la chaîne, à visualiser les vidéos de chats-bébés-chiens-poules-canards-mettez ce que vous voulez, à répondre compulsivement à des bêtises colportées sur les réseaux, etc. J’essaie de pratiquer la déconnexion soucieuse. Je sais aussi que je ne détiens pas la vérité, j’essaie de penser par moi-même et je sais que c’est aussi quasi impossible.

  • Il était prévu une journée de partage joyeux avec « donnez, donnez, il restera toujours quelque chose » et ce sera ainsi. J’échange avec notre amie sur le trajet qui est un peu perturbé par l’annonce d’une entrée à l’hôpital d’un paroissien très âgé. Les technologies actuelles permettent de trouver un prêtre pour les sacrements. La vie en communauté avec ses joies et ses peines – tout ce qui fait collectif et soude une population.

  • Soirée paroissiale, donc. Recueillement de messe en première partie. Fête dans les couleurs, dans les saveurs, dans les échanges. Cela ne se recycle pas.

    Plus tard il y a un accroc lors du raccompagnement de « donnez, donnez, il restera toujours quelque chose » à son centre de rééducation – une broutille.

  • Vous avez remarqué que nous sommes passés de l’Espagne en Irlande – le paradis sur terre, selon moi. Les clichés sont ceux qui n’ont pas été publiés à l’époque du transParis version 1.

    La journée est dense et nous avons une grosse séance de piscine, suivie d’un déjeuner qui se passe moyen – moyen entre « reine mère » et son petit fils. Je suis plutôt serein car le soir nous avons messe suivie d’un apéro dînatoire avec les paroissiens.

  • « le théâtre pourquoi pas » rejoint donc l’apéro avec les madames; « reine mère » prend seulement le temps de saluer son petit-fils au vu de son degré de fatigue. Le jeune homme s’installe dans son camp de base d’autant plus vite que lui aussi est exténué de son mois de travail au restaurant.

    Donc assez tôt nous nous retrouvons livrés à nous mêmes : super!

  • Pas grand chose à dire pour cette journée si ce n’est que en fin d’après-midi je m’éclipse pendant l’apéro hebdomadaire pour aller chercher « le théâtre pourquoi pas » à la gare. Sur le chemin je poursuis l’écoute de ma liste musicale : chanson française.