Les commentaires du lendemain de notre défaite encombrent le groupe de discussion que nous avions mis en place. J’admets que au bout d’un moment cela m’indispose : pourquoi ressasser notre défaite surtout si nous ne regardons pas la raison de notre défaite – à mon sens : une communication pas assez agressive et moins tournée vers les réseaux sociaux et leur sens de la nuance qui en caractérisent les publications. Au mieux nous pouvons passer à autre chose comme profiter de la page laissée à l’opposition en examinant les réussites en moins de 100 jours annoncées par nos adversaires.
Pour se consoler de la déconvenue nous nous regroupons dans le bureau de la maire; les commentaires me rasent assez rapidement. Je suis un solitaire et même les fêtes me paraissent longues au bout de 10 minutes. Je sais que l’homme a besoin de relations sociales et ainsi j’en ai; je sais aussi que je me supporte aussi.
« The power of the dog » est le film que nous regardons ce soir après l’apéro du début de week-end. (« reine mère » me pose pas mal de questions sur ma campagne (ô surprise).) Visuellement le film est une succession de tableaux sublimes et l’histoire est vraiment ambigüe, pas complexe, seulement sournoise.
La journée a été éreintante car j’ai effectué beaucoup de travaux de jardinage mais cela m’a donné beaucoup de plaisir.
Ainsi le veut la loi électorale. Nous nous coupons des réseaux sociaux et ne parlons pas dans l’espace public. J’ai le droit de dire bonjour? Je ne m’en prive pas
« AbFab » m’accompagne une nouvelle fois à cette seconde réunion publique de notre liste. Je m’y suis rendu auparavant avec un colistier afin de préparer la salle et commander les pizzas d’après réunion. Une fois de plus la salle est remplie, ce que nous n’escomptions pas, c’est plutôt encourageant.
La réunion prend peu ou prou la même veine que celle de la veille, un peu plus d’agressivité peut-être, comme si les participants se disaient que c’est la dernière occasion avant 6 ans de s’exprimer.
De notre côté, à l’image de notre tête de liste, nous gardons notre calme en étant tout sourire « même pas peur ». A la fin du rangement de la salle nous restons un petit moment pour partager collectivement notre joie d’avoir pu travailler ensemble même si je sais que tous, dont moi, ne siègeront pas au conseil municipal. Il restera le travail en commission. Une opportunité de poursuivre ses travaux ; le mien est l’IA au service de la citoyenneté.
Je réalise une nouvelle séance de jardinage le matin sous le soleil d’un début de printemps, oui je sais que c’est officiellement l’hiver. Je me sens bien.
Ce soir c’est à nous de réunir les habitants de notre commune pour une première réunion publique, la suivante se déroulera demain. Dans la matinée je prépare la salle avec des colistiers et le soir j’accueille également. « AbFab » vient jouer sa parisienne grâce à sa discrétion et son élégance. Cette réunion est cruciale car comme il y a seulement 1 tour il serait extraordinaire que les deux listes en lice obtiennent exactement le même nombre de voix. Lors de l’accueil il me semble qu’il y a moins de monde que nos concurrents la veille. Et puis non, la grande salle des fêtes est bondée – déjà un bon point.
Lors de la présentation des colistiers mon intervention interloque car je suis le nouveau sur la commune et suis le seul à aller au devant du public – « très rock star » me dira « AbFab ».
Puis l’intervention de la maire sortante démarre et le moindre que l’on puisse dire est qu’elle connaît ses dossiers, sait garder son calme, garde son humour discret, ne se laisse pas démonter en faisant reformuler les attaques – je suis fier d’elle et d’être sur sa liste.
La séance des questions est longue et au creux de notre concurrent, notre tête de liste oppose du concret, de la vision, du travail.
Cela suffira-t-il pour emporter l’élection? Réponse : dimanche soir.